Résumé : Paysage sonore
Le COVID, le télétravail, le changement climatique font que nous sommes de plus en plus dans nos maisons, sur nos balcons, ou dans différents espaces extérieurs, aussi bien la journée en semaine que le soir ou le week-end. Des bruits jusqu’alors acceptés quand on n’y était exposés que quelques heures ne le sont plus désormais. Cela nous a fait prendre conscience que le confort sonore dans notre habitat, dans notre quartier ou même sur notre lieu de travail, a une valeur inestimable. C’est une prise de conscience populaire, alors qu’auparavant c’était une préoccupation élitiste. Nos métiers doivent apporter de nouvelles réponses.
Ce terme de PAYSAGE SONORE vient du canadien Raymond Murray Schäfer, qui en tant que compositeur, théoricien, écologiste et pédagogue fonde le « projet mondial d’environnement sonore » à l’université Simon Fraser de Colombie-Britannique. La synthèse de ses travaux en matière d’écologie sonore, publiée en 1976 dans l'ouvrage de référence The Tuning of the world (édité en français sous le titre Le paysage sonore), lui vaudra une reconnaissance mondiale.
Le PAYSAGE SONORE permet de fonder une nouvelle discipline qui s’inscrit dans l’écologie sonore et qui prend en compte la biodiversité.
Créer de la sonorité passive en juxtaposant un sol en caillebotis et des graviers, choisir des essences de feuillus pour attirer un maximum d’oiseaux et d’insectes permet d’apporter une présence sonore qui nous ramène à la notion de saisonnalité. Savoir aussi valoriser les sons des fontaines, des cours d’eau ou du vent passant dans les cours intérieures comme choisir les usages en cohérence avec le territoire étudié : les leviers sont nombreux pour concevoir un paysage sonore harmonieux pour les riverains.
La réponse à la réglementation ne peut pas et ne doit pas être la seule mission des professionnels de l’acoustique et du sonore.
Dans une prise de conscience de ce besoin d’évolution de nos bureaux d’études acoustiques, le Groupement des Ingénieurs Acousticiens (GIAC) a choisi de créer le groupe de travail PAYSAGE SONORE. Ce groupe de travail a été présenté lors des Rencontre de l’Ingénierie Acoustique (RIAC) en juin 2025 à la Philharmonie de Paris.
Ce groupe de travail, qui est composé d’acousticiens, de chercheurs, de pédagogues ou d’artistes du sonore, a la volonté de faire œuvre commune par la rédaction collégiale d’un guide métier spécifique sur « La conception et la préservation de paysage sonore ».
Il a une double ambition. La première vise à sensibiliser les élus comme tout professionnel qui intervient sur l’aménagement des territoires (paysagistes, urbanistes, architectes, programmeurs…) à l’importance de cette thématique. La seconde consiste à offrir aux professionnels de l’acoustique et du sonore des clefs concrètes sur les missions qu’ils pourront intégrer dans leurs études.
Nous devons tous avoir conscience que réaliser un paysage sonore, c’est pratiquer l’écoute dans un objectif de compréhension, d’expression et d’amélioration de nos territoires pour un mieux vivre ensemble dans une démarche écologique.