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Atelier 23

Thématique(s)

Données et outils d'aide à la décision

Horaire

Mercredi 25 novembre 2026 / 11h40-13h00

Salle

Non attribuée

Approches innovantes de la cartographie – Partie 2

Description :


Atelier animé par :

Intervenants :

Olivier ROBIN et Philippe APARICIO

Olivier ROBIN : Professeur adjoint au Centre de Recherche Acoustique-Signal-Humain de l'Université de Sherbrooke (Québec)- Philippe APARICIO : Professeur titulaire au Département de géomatique appliquée de l'Université de Sherbrooke (Québec)
Résumé : Collecter des données concernant les pollutions sonore et atmosphérique à l'aide de vélos : états des lieux et perspectives
Les pollutions atmosphérique et sonore engendrées par les activités humaines figurent parmi les principales nuisances environnementales actuelles. Toutes les deux augmentent d’année en année avec l’essor des activités humaines et à la croissance urbaine. Même si les mesures d’atténuation sont des éléments importants pour réduire l'exposition à ces deux pollutions, les recherches actuelles indiquent que l'intégration de considérations éclairées et documentées dans le cadre de l'aménagement du territoire est la voie la plus efficace. Un des moyens d'y parvenir est de réaliser des cartographies pour identifier des zones problématiques et les mettre en relation avec le territoire et ses composantes sensibles par exemple (écoles, hôpitaux).
Cela amène par contre un défi méthodologique, car les pollutions atmosphérique et sonore sont à la fois locales et fluctuantes dans le temps. Pour identifier, éviter, prévenir et réduire les impacts de ces pollutions de manière efficace, il est nécessaire de suivre finement leurs évolutions, et ce de manière temporelle et spatiale (quand et où surviennent des dépassements des seuils définis).
Nous décrirons un concept innovant et original d’ une forme de collecte à la fois intensive (pouvoir faire plusieurs mesures dans le temps), extensive (pouvoir faire des mesures dans l'espace) et mobile (avoir un système de mesure qui se déplace aisément). Le vélo est majoritairement utilisé pour réaliser ces collectes de données, et nous voulons
démontrer la possibilité d’étendre in fine cette approche à des systèmes de vélopartage

Thomas ANTOINE, Fabienne LAGARDE

Expert Leader NVH RENAULT GROUP, Vice-présidente pour la Recherche, l'Innovation et la Transition Énergétique, Le Mans Métropole
Résumé : [APACHE] Auscultation Acoustique des Routes
Grâce à son laboratoire d'innovation Territoriale pour la transition écologique, Le Mans Métropole a pu expérimenter la technologie APACHE. L’objectif est de cartographier l’état acoustique réel des routes grâce à la technologie Apache développée et brevetée par l’ingénierie de Renault Group.
Disposer d’une carte détaillée de l’acoustique des chaussées, va permettre aux collectivités la meilleure connaissance de l’état des routes, d’en suivre l’évolution et d’optimiser leur stratégie de réfection.

Hugo SCAGNETTI

Chef de projet en acoustique environnementale BRUITPARIF
Résumé : Quantification de la contribution des sirènes des véhicules d’urgence dans le bruit ambiant à Paris

À Paris, le bruit lié aux avertisseurs sonores (klaxons, sirènes) représente une problématique importante, puisque 25 % des Parisiens déclarent que les avertisseurs sonores sont les bruits liés aux transports qui les gênent le plus lorsqu’ils sont chez eux (étude Crédoc/Bruitparif de 2021). Certaines zones sont particulièrement exposées au bruit des sirènes car situées à proximité d’axes très empruntés par ces véhicules, ce qui est à l’origine de nombreuses plaintes de riverains. Une première étude réalisée par Bruitparif à la Porte d’Asnières en 2022 avait permis de montrer que, sur ce carrefour très congestionné situé à proximité du Tribunal Judiciaire de Paris, l’usage des avertisseurs sonores représentait de l’ordre de 54% du bruit ambiant total et que la durée cumulée moyenne d’apparition des sirènes atteignait les 30 minutes par jour. Afin de compléter ces résultats, Bruitparif a proposé à la Ville de Paris de réaliser une étude plus large sur un autre secteur parisien très impacté par les sirènes. Le choix s’est porté sur les abords des boulevards du Montparnasse, de Port-Royal, Saint Marcel et de l’Hôpital situés à proximité de plusieurs hôpitaux (Necker, Cochin-Port Royal, Val de Grâce, Salpêtrière), du centre pénitentiaire de La Santé et de plusieurs casernes de pompiers. 8 sites de mesure ont ainsi été déployés au printemps 2025 par Bruitparif le long de ces boulevards au sein des 5, 6, 13 et 14èmes arrondissements. En complément et de manière simultanée, deux sites ont été à nouveau instrumentés au niveau de la Porte d’Asnières et du boulevard Malesherbes dans le 17ème arrondissement afin d’identifier si des modifications d’usage des sirènes étaient intervenues sur ce secteur, trois ans après la première étude. L'objectif est de quantifier la contribution des sirènes dans le paysage sonore urbain en distinguant de manière automatisée les sirènes réglementaires utilisées par les différents types de véhicules (police, gendarmerie, pompiers, Samu et ambulances) ainsi que les sirènes dites américaines. Contrairement à ce qu'on pourrait croire en raison des caractéristiques de ces sons, très forts et normalisés, les techniques d’IA ne permettent pas une bonne performance de détection car les signaux sont souvent instables et fortement bruités (rues plus ou moins réverbérantes, sirènes actionnées de manière intermittente ou se superposant entre elles, effet doppler, présence d’autres sources à tonalités marquées comme les klaxons…). Aussi, Bruitparif a travaillé à la mise au point d'une nouvelle méthode utilisant un traitement de signal avancé qui est actuellement utilisée pour post-traiter l'ensemble des données de mesure de bruit collectées. Les résultats de ces analyses seront disponibles d’ici l’été 2026 et pourront être partagés à l’occasion des Assises Nationales de la Qualité de l’Environnement Sonore. Ils viendront également utilement éclairer les réflexions de la Ville de Paris qui a inscrit, au sein de son Plan d’amélioration de l’environnement sonore 2021-2026, une action visant à réduire la gêne occasionnée par les sirènes, ainsi que nourrir les échanges des comités locaux de lutte contre le bruit mis en place par les 5, 6 et 17èmes arrondissements.

Muriel HOTTE

Chargée de mission bruit MÉTROPOLE DE LYON
Résumé : Un sprint créatif pour rendre visible le bruit
Comment rendre les cartes de bruit, documents techniques mais concernant un sujet de santé publique, accessibles au plus grand nombre ?
1-Un sprint créatif
Pour imaginer de nouvelles solutions, la mission bruit de la Métropole en partenariat avec Acoucité, pôle de compétence sur le bruit, s’est appuyée sur des méthodes de design créatif portées par le laboratoire d’innovation Érasme.
Ensemble, ils ont réalisé un sprint créatif pour prototyper de nouvelles façons de mobiliser la carte de bruit en la rendant plus attractive et plus compréhensible. Expert.es du bruit, mais aussi des transports ou de l’aménagement, géomaticien.nes, designers, data scientists, communicant.e.s se sont réunis sur deux demi-journées afin d’imaginer et de concevoir 4 prototypes complémentaires !
2- A l’issue du sprint, les 4 prototypes ont été passés au crible des experts
2-1 Une plongée immersive en 3D dans le bruit permettant de se représenter ses effets sur les façades : ce protoype représente bien le bruit sur un quartier restreint mais exige des temps de calcul très longs et n’a pas été développé ultérieurement.
2-2 Une représentation du bruit sur une maquette 3D augmentée : elle permet des consultations collectives de la carte lors des conseils de quartier par exemple, mais la mise en place de la maquette 3D est complexe et est resté à l’état de démonstrateur
2-3 Un prototype d’application mobile a été testé auprès de 300 agents métropolitains pour en évaluer ergonomie et fonctions : en consolidant le résultat du test avec d’autres éléments de contexte (budget nécessaire, existence d’autres applications…), il a été décidé de ne pas mettre le projet en production.
2-4 Un prototype développé et réutilisé : la carte de bruit en support papier
Un dépliant « La carte du bruit dans la Métropole de Lyon », format A5, dépliable en A3 pour visualiser la carte du bruit, avec un zoom modulable sur un quartier, permet notamment de sensibiliser les personnes peu connectées. Adaptable aux enjeux locaux, conçue en régie par la Direction Communication, cette carte est venue répondre à un besoin de vulgarisation de la donnée bruit. Elle a été diffusée dans les mairies en 1650 exemplaires et réutilisée, à une échelle personnalisée, lors de la consultation du PPBE E4.
3 Les enseignements de la démarche
Une démarche qui bénéficie à la Métropole
Le prototypage a permis de concevoir en temps réduit un support de communication à peu de frais et les autres prototypes ont permis de faire avancer la réflexion pour bien calibrer leur pertinence d’usage.
… et à toute collectivité qui souhaiterait l’appliquer
Les données de bruit étant produites selon un protocole européen, toute collectivité européenne peut se réapproprier les travaux réalisés ! Dans cet objectif, une page web présentant méthodologies et briques est d’ores et déjà disponible en ligne : https://erasme.org/valorisation_des_donnees_du_bruit_routier
Cette innovation ouverte, portée par un partenariat entre la Métropole de Lyon et l’association Acoucité, contribue ainsi à une meilleure connaissance par les citoyen·nes de leur environnement sonore.