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Atelier 20

Thématique(s)

Le bruit, la santé et le vivant

Horaire

Mercredi 25 novembre 2026 / 09h00-10h20

Salle

Non attribuée

Comment mieux maîtriser les effets du bruit sur la biodiversité terrestre ?

Description :


Atelier animé par :

Intervenants :

Olivier PICHARD

Responsable d'études Biodiversité et Aménagement CEREMA
Résumé : La Trame blanche, restaurer et maintenir des paysages sonores favorables à la biodiversité et aux habitants. Retour d'expérience du partenariat Cerema-Ville de Lille, Biophonia, Nathan Belval et Romain Sordello
Le Cerema, à travers le concept de Trame blanche propose de dépasser l'approche traditionnelle de l’environnement sonore centrée uniquement sur la réduction des nuisances pour l'humain. Il s'agit de reconnaître la pollution sonore comme un obstacle à la continuité écologique à part entière, au même titre que les barrières physiques telles que les infrastructures de transport. Cette reconnaissance s'inscrit pleinement dans les mutations actuelles des politiques publiques qui intègrent progressivement les trames complémentaires à la trame verte et bleue (noire, blanche, olfactive).
Pour illustrer ce concept, nous souhaitons exposer le partenariat du Cerema avec la ville de Lille dans le déploiement d’une trame blanche urbaine. Afin de couvrir l'ensemble des enjeux à prendre en compte, le Cerema s'est associé au bureau d'études Biophonia, à Nathan Belval docteur en urbanisme et sciences sociales et humaines et Romain Sordello, expert trames écologiques à PatriNat. Ainsi, une présentation pourrait se faire à plusieurs voix avec l'ensemble des partenaires associés.
La ville de Lille, déjà engagée depuis plusieurs années dans la gestion de l'impact du bruit sur ses habitants, a souhaité franchir un cap en intégrant la dimension écologique dans sa stratégie territoriale. Ce projet représente une opportunité de proposer des solutions innovantes pour un développement durable et la mise en place d’actions concrètes et territorialisées visant la préservation de la biodiversité et la qualité des paysages sonores urbains. En effet, à travers le concept « One Health », la démarche proposée du Cerema répond à une double urgence : préserver la biodiversité urbaine face aux pressions anthropiques croissantes, tout en améliorant la qualité des paysages sonores pour le bien-être des habitants. Une attention forte est portée à l’étude des paysages sonores urbains.
La méthodologie adoptée combine différentes approches et outils complémentaires :
- Cartographie fine des « zones de quiétude » favorables à la biodiversité avec la transposition d’outils existants (cartes acoustiques) vers de nouveaux objectifs (préservation de la biodiversité).
- Utilisation de l'intelligence artificielle pour la détection et l'identification automatisées des espèces aviaires présentes.
- Diagnostic acoustique de terrain pour l'analyse objective des paysages sonores de secteurs témoins.
- Réalisation d’un questionnaire sur les perceptions sonores des habitants.
- L’apport de différentes compétences pluridisciplinaires : bioacoustique, sciences humaines et sociales, écologie…
Cette double approche biodiversité-bien-être des habitants permettra une approbation facilitée par les acteurs locaux.
Ce partenariat constitue pour le Cerema une opportunité concrète d'expérimentation en contexte réel, permettant d'enrichir son savoir-faire et de valider une méthodologie de référence. L'objectif est d'aboutir à une démarche reproductible et transposable à d'autres territoires présentant des caractéristiques similaires.
L'intégration de la trame blanche dans les projets urbains représente un levier d'action complémentaire aux trames vertes et bleues pour restaurer la biodiversité en ville.

Nacim FETTEM

Ingénieur acousticien et référent vibration de VENATHEC
Résumé : Marche humaine dans des locaux sensibles aux vibrations : Apport de la modélisation par éléments finis à la maîtrise de la qualité vibratoire des structures allégées
La réduction de l’impact environnemental du secteur du bâtiment constitue aujourd’hui un enjeu majeur. La diminution des volumes de béton employés dans les constructions neuves, ainsi que le recours accru à des structures plus légères, telles que les planchers mixtes acier-béton ou les planchers bois, participent activement à la décarbonation du secteur. Toutefois, ces choix constructifs, s’ils sont vertueux sur le plan environnemental, modifient sensiblement le comportement vibratoire des bâtiments et peuvent engendrer des problématiques de confort pour les usagers. La maîtrise de la qualité vibratoire devient alors un levier essentiel pour concilier performance environnementale et qualité d’usage.
La problématique devient particulièrement critique dans les locaux accueillant des équipements sensibles aux vibrations, comme les microscopes électroniques. Dans ce contexte, une sollicitation courante telle que la marche humaine peut suffire à perturber le fonctionnement des appareils si le plancher n’a pas été correctement dimensionné du point de vue vibratoire.
Dans cette perspective, la modélisation par éléments finis constitue un outil déterminant. Elle permet de simuler le comportement dynamique de la structure en intégrant les caractéristiques géométriques, mécaniques et les excitations dynamiques représentatives des usages réels comme la marche humaine. Cette approche offre la possibilité d’identifier les zones les plus sensibles, d’analyser l’influence des paramètres structuraux et de tester virtuellement différentes solutions avant leur mise en œuvre. Elle constitue un outil d’aide à la décision particulièrement pertinent dans une logique d’optimisation technico-environnementale. L’anticipation des problématiques vibratoires dès la phase de conception permet d’éviter les corrections lourdes et coûteuses a posteriori.
Il convient toutefois de rappeler que toute modélisation dynamique comporte des incertitudes liées aux hypothèses retenues, à la variabilité des matériaux et aux conditions réelles d’exploitation. La fiabilité des résultats repose sur la qualité du modèle et, lorsque cela est possible, sur sa confrontation à des données expérimentales.
Dans les bâtiments existants, lorsque la problématique vibratoire n'a pas été anticipée, la réalisation d’un diagnostic vibratoire in situ rigoureux s’impose. Celui-ci repose en premier lieu sur des mesures de réponse en fréquence permettant la caractérisation du comportement dynamique de la structure. En complément, des mesures de réponse vibratoire sont réalisées en différents points du plancher, sous diverses sollicitations représentatives des usages courants comme la marche humaine. Ces essais permettent de quantifier les niveaux vibratoires réellement perçus et de les comparer aux critères fixés. L’analyse croisée des données expérimentales offre ainsi une vision fine des mécanismes en jeu et permettent d'explorer les solutions envisageables à l'aide d'un modèle numérique recalé à partir des mesures in situ.
La modélisation par éléments finis représente un levier stratégique. S’appuyant sur son savoir faire et retours d’expérience en qualité vibratoire des structures, VENATHEC mobilise cet outil pour anticiper les risques d’incompatibilité d’usage, intégrer la qualité vibratoire dès la conception et de sécuriser les choix constructifs dans un contexte de structures allégées. Couplée à des mesures expérimentales dans les structures existantes, elle constitue un outil d’aide à la décision indispensable pour garantir à la fois performance environnementale, confort des usagers et compatibilité fonctionnelle des équipements sensibles.

Anne PETIT

Résumé : Innovations réduction collisions faune

Résumé disponible prochainement

Eric GAUCHER

Vice Président CINOV GIAC
Résumé : Maîtriser le bruit anthropique dans ses effets sur la biodiversité terrestre
Le coût social du bruit en France est majoritairement lié au stress, à la fatigue et aux maladies cardio-vasculaires ou autres pour lesquelles un lien a pu être établi. Or les humains créent par définition le bruit et s’en accommodent pour manger et se reproduire. Pour de très nombreux animaux par contre, le bruit anthropique peut perturber leurs activités vitales que sont la recherche de nourriture, le choix du partenaire sexuel, la compétition entre individus, la détection de proie, l’évitement du prédateur, le soin parental et l’orientation en plus du stress et la fatigue comme les humains. N’est-il pas encore plus important pour eux qui ne peuvent rien faire pour s’en protéger ?
En 2025, un groupe de travail s’est réuni afin de proposer une méthode et des objectifs acoustiques à retenir pour maîtriser au mieux le bruit généré par l’homme afin de minimiser ses effets sur la biodiversité terrestre. L’objectif est de rédiger un document proposant des pistes de réflexion au niveau du CNB (Conseil National du Bruit), à tout référentiel environnemental souhaitant se saisir du sujet ou même à tout Maître d’Ouvrage souhaitant volontairement agir à ce niveau.
Le groupe de travail rassemble des compétences et des perspectives diverses : des écologues, des bioacousticiens (BET et chercheurs), des gestionnaires de l’environnement, des acousticiens du GIAc.
Les différentes étapes que nous avons suivies sont les suivantes :
- Analyse de la réglementation actuellement en vigueur en France et en Europe sur ce sujet,
- Analyse de la bibliographie des travaux de synthèse sur le sujet
- Examen des exemples de réglementation similaires dans les pays étrangers.
- Echanges tenant compte des différents points de vue entre acousticiens, bioacousticiens et écologues.
- Synthèse : propositions de critères et de seuils.
Nous avons tenu compte de quatre familles de référence que nous avons analysées :
1) La gestion du bruit anthropique sur la faune marine qui est déjà très riche
2) La gestion de la lumière anthropique sur la biodiversité terrestre
3) La gestion du bruit anthropique sur biodiversité à analyser en soi, tenant compte de nos connaissances des effets du bruit sur les animaux terrestres. La bibliographie comme la réglementation sont très abondantes sur le sujet mais ne proposent pas de critères et encore moins de seuils
4) La gestion du bruit anthropique sur humains qui est déjà très développée et permet en principe de traiter toutes les activités humaines par rapport aux différents bruits anthropiques. Les animaux terrestres seraient de ce point de vue considérés simplement comme s’il s’agissait d’une "activité" de plus.
Une fois ces informations analysées, les dernières étapes sont :
- Mise en évidence des principes à retenir pour définir les critères
- Définition de critères indépendamment de la réglementation en vigueur pour les humains
- Définition de critères en cohérence avec la réglementation en vigueur pour les humains
- Proposition de valeurs seuils