Atelier 11
Thématique(s)
Données et outils d'aide à la décision
Horaire
Salle
Vers des observatoires multicritères
Description :
Atelier animé par :
Intervenants :
Benoit GAUVREAU
Résumé : ONES : vers un observatoire environnemental multiphysique, participatif et multi-acteurs en métropole nantaise
Valérie JANILLON
Résumé : Observation des environnements sonores, innovation méthodologique, diffusion des connaissances et croisement des enjeux
Acoucité, observatoire de l’environnement sonore, a été fondé en 1996 à l’initiative d’un territoire (la métropole de Lyon) et de centres techniques et de recherche (CEREMA, CSTB, ENTPE, UGE).
Depuis 30 ans, ses principales missions s’organisent autour des axes suivants et en accompagnement des politiques publiques :
- Observer l’évolution des environnements sonores, en s’appuyant sur des outils continuellement enrichis par les avancées technologiques et les progrès des connaissances en acoustique environnementale ;
- Contribuer à la recherche et au développement, en mobilisant l’expertise de ses membres fondateurs et en concevant des outils et des méthodologies adaptés aux besoins opérationnels des territoires partenaires ;
- Diffuser les connaissances auprès de publics variés : élus, aménageurs, ingénieurs et techniciens, grand public.
Le fonctionnement en réseau et en partenariat de l’observatoire s’inscrit dans une logique d’intérêt général : il vise à articuler les compétences et instances existantes au service des territoires, à assurer une utilisation responsable des moyens publics en limitant les redondances, et à favoriser l’expérimentation locale afin d’éclairer et d’appuyer des déploiements adaptés dans d’autres contextes.
Acoucité est la première structure indépendante, association à but non lucratif, entièrement orientée vers l'observation du bruit des transports et de l'environnement.
Aujourd'hui, elle accompagne une dizaine d’observatoires du bruit, basés sur une approche regroupant trois méthodologies complémentaires. L’environnement sonore, en effet, doit être évalué et suivi à travers la mesure physique, la modélisation et le calcul, ainsi que des approches issues des sciences humaines et sociales.
Ainsi, les observatoires accompagnés par Acoucité reposent sur :
- Un réseau de capteurs acoustiques, organisés pour assurer des mesures en temps réel ou en différé, avec une restitution des données via une interface accessible au grand public, aux professionnels et aux acteurs de la ville ;
- Une modélisation acoustique, répondant aux exigences de la directive européenne 2002/49/CE et proposant des outils d’aide à la décision pour accompagner et évaluer les impacts acoustiques des politiques publiques (plans de mobilité, documents d’urbanisme, plans de prévention du bruit dans l’environnement), ainsi que la co-exposition air-bruit (Observatoire Régional Harmonisé Auvergne-Rhône-Alpes des Nuisances Environnementales : premier observatoire de co-exposition Air-Bruit) et les effets sanitaires associés ;
- Une approche qualitative, visant à mieux comprendre la perception et les attentes des citoyens, à travers des enquêtes (entretiens en face à face, questionnaires en ligne, etc.) et le suivi des usages des espaces publics.
Acoucité, acteur engagé de l’environnement sonore depuis 30 ans, souhaite proposer aux Assises 2026 une intervention consacrée aux atouts et aux limites des différentes innovations techniques, réglementaires et sociétales rencontrées dans le cadre de ses missions.
Fanny MIETLICKI
Résumé : Vers une démarche intégrée d’évaluation quantitative des impacts sanitaires combinant la qualité de l’air et le bruit en Île-de-France
Bruitparif, l’observatoire du bruit en Île-de-France et Airparif, l’association agréée en charge de la surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France, ont élaboré ensemble en 2022 une cartographie combinée du bruit et de la pollution atmosphérique dans la région, qui est mise à jour régulièrement pour tenir compte de la périodicité de production des nouvelles évaluations de la qualité de l’air (annuelle) et du bruit (quinquennale).
Pour ce faire, Airparif et Bruitparif ont travaillé à la définition d’un indice de coexposition air-bruit et à l'élaboration d'une méthode originale de représentation cartographique à deux dimensions (air-bruit). La plateforme air-bruit (http://carto.airparif.bruitparif.fr) met ainsi à la disposition des acteurs publics et des citoyens, des cartes et des données statistiques sur la coexposition aux pollutions atmosphérique et sonore au sein de la région Île-de-France. Cette cartographie air-bruit s’adresse notamment aux collectivités territoriales qui souhaitent disposer d’un outil de diagnostic et de hiérarchisation de leurs enjeux territoriaux de santé-environnement. Elle offre un large éventail d'utilisations, comme le croisement des données air-bruit avec la localisation des établissements accueillant des personnes sensibles ou la mise en relation avec des données socio-économiques et des indicateurs de santé, pour affiner la compréhension des effets combinés de l’exposition aux pollutions de l’air et sonore.
Dans cette optique, les données de la cartographie air-bruit sont actuellement mobilisées dans le cadre de la fiche action 4.5 « Documenter les impacts sanitaires croisés des expositions au bruit et à la pollution atmosphérique en milieu résidentiel » du Plan Régional Santé Environnement 4 d’Île-de-France (PRSE4 IdF).
Des relations exposition risque reliant les principaux polluants atmosphériques (PM2.5 et NO2) et différents événements de santé ont été consolidées en 2025 par l’OMS-EURO. De même, en 2023, l’Agence européenne de l’environnement a publié une mise à jour des connaissances sur les impacts sanitaires du bruit, et a proposé des relations exposition-risque reliant les niveaux sonores issus des transports avec des événements de santé. Si des évaluations quantitatives d’impacts sanitaires (EQIS) relatives à ces deux facteurs de risque ont d’ores et déjà été proposées en Île-de-France par l’Observatoire régional de santé Île-de-France (ORS IdF), Airparif et Bruitparif, celles-ci ont, jusqu’à présent, été réalisées de manière indépendante et en utilisant des métriques différentes. L’action menée dans le cadre du PRSE4 IdF vise donc à combler cette lacune en traitant de deux enjeux spécifiques de prise en compte intégrée des coexpositions aux polluants de l’air et au bruit pour leur évaluation d’impact sanitaire :
- Un enjeu de synergie : des études récentes ont mis en lumière une potentielle synergie des deux types d’exposition, en particulier sur la santé cardiométabolique ;
- Un enjeu potentiel de double comptage lié à la corrélation entre les expositions à la pollution de l’air et au bruit.
L’établissement d’une telle méthode intégrée d’EQIS air/bruit par l’ORS IdF, en collaboration avec Airparif et Bruitparif, est indispensable pour pouvoir guider l’action publique en conduisant des évaluations prospectives des bénéfices sanitaires associés à différentes trajectoires d’évolution du secteur des transports.
Céline LEGOUT
Résumé : Le boulevard périphérique sous le prisme des inégalités de santé : une première évaluation quantitative des impacts sanitaires (EQIS) liés au bruit routier pilotée par la Ville de Paris
Pour répondre à l’urgence sanitaire, réduire les inégalités de santé et adapter son territoire au dérèglement climatique, la Ville de Paris porte des actions ambitieuses de réduction de la circulation automobile. Au cœur de cette stratégie, la transformation du boulevard périphérique en boulevard urbain vise à améliorer la santé et le cadre de vie, en cohérence avec le Livre Blanc associant l’État et les collectivités : enrobés phoniques, réaménagement des Portes, végétalisation, abaissement de la vitesse à 50 km/h et création de voies dédiées. Dans ce contexte, la Direction de la santé publique (DSP) a été saisie par l’exécutif en 2025 pour évaluer les impacts sanitaires des mesures engagées sur la pollution de l’air et le bruit. Une évaluation quantitative des impacts sanitaires (EQIS) a été mise en place, en s’appuyant sur les approches développées par Santé publique France et l’ORS Île-de-France. Sur la base des besoins exprimés par les cabinets et des travaux de référence, la DSP a monté une équipe projet pluri-institutionnelle associant notamment le bureau d’étude Equit’Health pour conduire cette EQIS, et Bruitparif pour fournir les niveaux de bruit routier évalués selon la méthode CNOSSOS. Les analyses, réalisées à l’échelle des IRIS situés dans une bande de 500 mètres de part et d’autre du périphérique, reposent sur des indicateurs d’exposition au bruit (Lden et Ln pondérés par la population), la distribution des populations selon leur niveau d’exposition par plage de 1 dB(A) ainsi que sur l’estimation des populations fortement gênées (HA) et présentant des troubles du sommeil (HSD). En collaboration avec la Direction de la transition écologique et du climat, la DSP a posé le cadre de l’EQIS en déterminant la zone d’étude, les pathologies et scénarios rétrospectif (2012-2024) et prospectif (2024-2030) à étudier, et les étapes de l’étude nécessitant une approche spécifique sur les inégalités de santé. Un indice de défaveur sociale spécifique a été construit afin de caractériser les inégalités territoriales. L’évolution des expositions entre 2012 et 2024 a été analysée, ainsi que les impacts sanitaires associés. Une approche prospective à horizon 2030 a également permis d’estimer les réductions de niveaux sonores nécessaires pour atteindre les objectifs européens de diminution des impacts sanitaires. En 2024, sur une zone d’étude d’environ 900 000 habitants, les niveaux de bruit moyens restent élevés. Ces expositions concernent un nombre important de personnes, avec de l’ordre de 130 000 habitants fortement gênés par le bruit et plus de 40 000 affectés par des troubles du sommeil. Une amélioration est observée depuis 2012, avec une diminution d’environ 2,4 dB(A) pour le Lden et 2,7 dB(A) pour le Ln, sur des niveaux moyens énergétiques pondérés par la population. Les résultats mettent en évidence un gradient social marqué, les populations les plus défavorisées étant les plus exposées. Ces résultats, encore en cours de consolidation, suggèrent que des réductions supplémentaires seront nécessaires pour atteindre les objectifs européens, notamment une diminution d’environ 30 % de la population affectée. Filiation des auteurs 1 : Equit’Health 2 : Laboratoire Image Ville environnement (LIVE) UMR 7362 du CNRS et de l'Université de Strasbourg 3 : Bruitparif 4 : Direction de la transition écologique et du climat, ville de Paris 2 : direction de la santé publique, ville de Paris