Atelier 14
Thématique(s)
Urbanisme , mobilités et ambiances sonores
Horaire
Salle
Bruit du trafic aérien : comment réduire la gêne ?
Description :
Atelier animé par :
Intervenants :
Arnaud CAN
Résumé : SonoRezé : co-construire l’action publique autour des environnements sonores
Matthieu SINEAU
Résumé : Etude COGEN’AIR - Contribution à la co-construction d’un indicateur de gêne lié au bruit du trafic aérien
La réglementation relative au bruit du transport aérien s’appuie essentiellement sur des indicateurs acoustiques énergétiques qui traduisent mal les critères d’intensité et de répétitivité des pics de bruit. Le débat public se cristallise donc souvent autour de la remise en cause de ces indicateurs jugés insuffisants à traduire la gêne des populations et à suivre les évolutions.
Pour améliorer la caractérisation de l’exposition au bruit lié au trafic aérien, Bruitparif suggère de développer un compteur d’événements sonores à points, le Noise Point Counter (NPC) s’inspirant des indicateurs existants de type NAX mais en s’affranchissant de l’effet de seuil qui est un inconvénient à leur utilisation. Il s’agit de réaliser un décompte du nombre de pics de bruit générés par les survols en pondérant chaque pic en fonction de ses caractéristiques acoustiques qui influent le plus sur le niveau de gêne instantanée des riverains et de l’agréger ensuite par périodes en prenant en compte les différences de sensibilité selon les périodes de la journée (jour, soir, nuit), les types de jours (jours ouvrables, week-end) voire les saisons.
COGEN’AIR vise à étudier la faisabilité d’élaboration de ce nouvel indicateur au travers de données recueillies au cours de l’année 2025 sur trois secteurs franciliens exposés au bruit du trafic aérien près des aérodromes de Paris-Orly (Sucy-en-Brie et Boissy-Saint-Léger), de Paris-CDG (Saint-Prix) et de Paris-Saclay-Versailles (Magny les Hameaux et Villiers le Bâcle). Sur chaque secteur, par ailleurs équipé d’une station permanente de mesure du bruit, environ 30 personnes volontaires ont été interrogées. Le recueil de données a été opéré selon trois axes :
- Un questionnaire général de caractérisation de la gêne à long terme et d’information concernant le participant. Une mesure d’isolement acoustique a également été réalisée chez chaque participant.
- Un formulaire de recueil de la gêne de court terme pendant une période commune de deux à trois semaines. Il a été complété une fois par jour pour chaque période (jour, soir, nuit), en renseignant également le temps de présence au domicile et les zones fréquentées (extérieur ou intérieur, fenêtres ouvertes ou fermées).
- Des séances collectives d'évaluation, par les participants volontaires de chaque site pilote, de la gêne instantanée (au survol) perçue à l’extérieur, sur une trentaine de survols consécutifs, en décollages et en atterrissages.
Les données sont en cours d’analyse et les résultats sont attendus dans le courant de l’année 2026. Ils pourront être présentés à l’occasion de ces Assises Nationales de la Qualité de l'Environnement Sonore. Les premières analyses, à consolider, donnent à ce stade de premières tendances sur les variables les plus significativement associées à la gêne perçue par les participants vis-à-vis du bruit aérien selon les différentes temporalités considérées : long terme, court terme et instantanée. L’évaluation de la gêne en conditions réelles et selon ces différentes temporalités constitue la principale originalité de cette étude, cette approche ayant été très peu déployée jusqu’à maintenant dans un contexte d’exposition au bruit du trafic aérien.