Accéder au contenu principal

Au Mans, Almacoustic mesure la qualité sonore des cours d’école végétalisées 

Dans la capitale du son, sous l’impulsion de l’agence régionale de santé (ARS) et de la métropole du Mans, l’entreprise Almacoustic évalue l’impact sonore des travaux de réaménagement des cours d’école, tant sur l’abaissement des niveaux sonores que sur la perception de leurs usagers. 

Inscrite dans un appel à projets de l’ARS Pays de la Loire, sous la thématique « Urbanisme et Santé », avec l’appui de Le Mans Métropole et de services communaux comme la direction Nature en ville, l’expérimentation consiste à mesurer les effets des travaux de réaménagement des cours d’école sur la qualité de l’environnement sonore des élèves et des équipes pédagogiques. Almacoustic, un centre d’essai manceau spécialisé en acoustique, a été sélectionné pour participer à cette expérimentation prévue dans deux cours d’école, l’une à Laigné-Saint-Gervais et l’autre dans la ville du Mans, l’école Rabelais-Ronsard.


« Les renaturations de cours d’école, comme les cours Oasis, ont déjà bien démarré depuis plusieurs années. L’acoustique est pour l’instant très peu prise en compte ou examinée dans le cadre de ces projets d’ampleur. Le but pour nous est de penser au sonore dès le début du projet, pour pouvoir travailler dessus à travers des mesures acoustiques, des études perceptives et des préconisations », indique François Fohr, ingénieur acousticien chez Almacoustic. 

« Cette démarche trouve ses origines dans un programme du Mans, qui a débuté en 2019 et consiste à rénover l’ensemble du parc des cours d’école de la ville du Mans pour les désimperméabiliser, les végétaliser, renouveler les équipements et redéfinir leurs usages pour plus de mixité », précise Lauriane Brémard, cheffe du service Aménagement et conception et Nature en Ville à Le Mans Métropole. « L’innovation, cette année, est de s’attaquer à la question du bruit, puisque Le Mans souhaite s’impliquer dans l’aspect sonore, dans le cadre d’un grand plan “Le Mans, capitale du son” », ajoute-t-elle. Dans cette optique, Le Mans a décidé travailler la qualité sonore des aménagements, y compris des cours d’école. Située en cœur de ville, celle de Rabelais-Ronsard semblait prédestinée à servir de terrain d’expérimentation afin que la collectivité monte en expertise. 

Toutefois, l’expérimentation ne se cantonne pas à mesurer l’impact acoustique avant et après des travaux de végétalisation. Au-delà des décibels, parfois peu représentatifs du ressenti des élèves et des équipes pédagogiques, Almacoustic prévoit également d’analyser l’effet de ces travaux sur la perception des usagers. 

Des mesures acoustiques et une fine analyse perceptive 

La réalisation de mesures acoustiques déterminera si les aménagements — ajout de végétation, changement des revêtements, installation de matériaux absorbants… — ont un impact positif sur le confort des usagers. Une première série de mesures de bruit sera prochainement réalisée avant travaux, en présence ou non des enfants, pour avoir un état du bruit de fond et un état du bruit en conditions réelles de récréation. Les acousticiens ont également prévu de réaliser, en parallèle, des mesures de temps de réverbération à différents endroits. Les résultats viendront étoffer un tableau d’indicateurs précis pour élaborer à terme un guide de bonnes pratiques édité par l’ARS et labellisé « Le Mans capitale du son », pour la prise en compte des contraintes acoustiques dans ce type de travaux. 

Il est aussi question d’interroger les usagers sur leur ressenti. « Les mesures acoustiques ne sont pas capables de tout dire. On peut avoir une impression de confort sonore, en ayant assez peu d’éléments objectifs pour les qualifier, d’où l’intérêt d’adopter une approche perceptive », indique François Fohr. Pour cela, Almacoustic, en partenariat avec le Laboratoire d’acoustique de l’Université du  Mans (LAUM), a commencé par conduire une série de cinq à six entretiens non directifs avec les enseignants pour recueillir leur retour d’expérience sur les usages de la cour, qui sera analysé dans un second temps. 

Côté aménagements, les acteurs du projet ne manquent pas d’idées pour limiter le bruit dans la cour. En plus du choix des revêtements, comme l’utilisation de copeaux de bois pour les aires de jeux, l’installation de structures acoustiques apportera plus de calme, notamment par : 

  • la pose de jardinières acoustiques de 4 mètres de hauteur, avec des voiles acoustiques en fond, doublés d’un treillis pour faire pousser des plantes grimpantes ; 
  • la pose de voiles d’ombrage optimisés pour l’acoustique au-dessus de l’aire de jeu ; 
  • l’installation d’une pergola dotée de propriétés acoustiques sur un coin lecture ; 
  • sans le préau, un travail de fond a été mené avec la direction de l’architecture de la Ville pour installer des panneaux acoustiques en sous-pente. 

« Le plus important dans ce genre d’aménagement, c’est de trouver de la surface. Car c’est la quantité de surface traitée qui améliore l’absorption acoustique », précise François Fohr. 

Actuellement, le projet est en phase d’étude, le dossier de consultation des entreprises sera bientôt déposé. Les travaux seront entamés au cours de l’été 2026, pour le terrassement, pour une livraison à la rentrée scolaire. Une fois l’année commencée, la collectivité installera progressivement les jeux, les voiles et le mobilier qui n’auront pas pu être disposés au cours de l’été. Sur d’autres projets de cours d’école ou de centres de loisirs, l’équipe de paysagistes intègre également le son dans sa dimension ludique, avec l’installation de jeux de type Percussion Play. La démarche « Le Mans, capitale du son » dépasse même les murs de l’école, puisqu’un travail important sur les espaces calmes dans les parcs et jardins publics est en cours d’étude. La collectivité travaille actuellement sur le côté sensoriel et immersif du jardin d’été, installé chaque année sur la très minérale place de la République, et qui apporte fraîcheur et repos aux habitants. Cette année, la dimension sonore est ajoutée à cet espace qui sera composé sur le thème des vallées sarthoises. 

Plus largement, « Le Mans, capitale du son » a une ambition claire : structurer et accélérer un pôle territorial unique en France dédié au son — de la formation à la recherche, de la création à l’innovation, jusqu’au développement économique et à l’attractivité du territoire. Avec un consortium de quinze partenaires, il se structure autour d’un plan d’action pluriannuel qui vise un changement d’échelle et une montée en puissance de l’écosystème territorial. 

Retrouvez notre partenaire Le Mans Métropole à l'occasion des Assises du 23 au 25 novembre !